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Qu’est-ce que le coviving?

Le COVIVING, c’est le nom que j’ai imaginé pour décrire la nouvelle tendance en design intérieur qui émergera de la crise planétaire. Après le cocooning, le hiving et le outdooring, voici un amalgame des trois! Nul besoin de vous dire d’où vient mon inspiration à la base du nom. Mais pour aller plus loin, en décortiquant le mot, nous y trouvons co qui représente une responsabilité partagée, un effort collectif de toutes les communautés à collaborer et viving pour s’inventer un nouvel art de vivre.

Faisons d’abord un survol des derniers courants.

Le Cocooning

l’art de vivre… en toute intimité

Le terme cocooning est lancé par Faith Popcorn en 1987 et gagne des adeptes dans les années 90. Il se définit par «l’attitude à se trouver si bien chez soi qu’on n’est guère poussé à en sortir sauf pour les nécessités vitales.» Le concept veut que l’on se crée un petit nid douillet, tel un cocon, protégé de la vie extérieure. Il réinvente le réconfort dans des chambres à coucher surdimensionnées et des salles de bain luxueuses, des pièces symbolisant l’intimité.

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hiving

Le Hiving

l’art de vivre… en microsociété

Selon certains experts, c’est suite aux attentats du 11 septembre 2001 que le hiving prend de l’ampleur. Présentant des similitudes avec le cocooning, le hiving ne veut plus préserver l’intimité, mais résulte d’un besoin de se rassembler dans le confort de sa maison. Un joyeux bourdonnement envahit les aires communes. Pas surprenant puisque hiving vient du mot hive qui signifie ruche. Les pièces de prédilection sont la cuisine et le salon qui se décloisonnent pour devenir le point stratégique d’activités pratiquées en famille ou entre amis. L’amélioration des technologies permet d’être branché sur le monde sans sortir de chez soi.

Le Outdooring

l’art de vivre… à l’extérieur

À l’automne 2010, une nouvelle tendance voit le jour au Québec grâce à un surplus de pavillons de jardin chez Trévi et un partenariat avec la décoratrice Chantal Couture. L’idée est de réaliser une pièce pour prolonger son espace intérieur vers l’extérieur, et ce, trois saisons par année : une cuisine, un salon, un coin détente. On porte maintenant une attention esthétique autant sur l’extérieur que l’intérieur de la propriété. Le prix de l’essence et la valeur du dollar canadien sont d’autres facteurs qui contribuent à donner l’envie de rester chez soi… dehors!

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De fortes tendances naissent parfois d’un grand bouleversement

De nombreux éléments des dernières tendances semblaient prédestinés à la situation actuelle. Confinement et bulles familiales, la pandémie provoque indéniablement un second départ pour une majorité de secteurs. Imaginons ce que l’après-covid apportera aux constructions neuves et à la rénovation.

Dans toutes les pièces de la maison, le confort sera mis de l’avant. Bien sûr, l’ensemble gagnera à être harmonieux parce que si nous devions passer encore plusieurs mois confinés, aussi bien que ce soit agréable d’y vivre!

Le confort s’étendra aussi à une température bien contrôlée tout au long de l’année. Avec l’expérience des derniers étés, une climatisation efficace est déjà à prévoir pour éviter la pénurie de systèmes qui se manifeste à chaque canicule. Les derniers mois nous ont aussi appris qu’une bonne ventilation en tout temps est nécessaire pour limiter la propagation des virus.

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Les demeures s’équiperont des plus récentes technologies. Outre une connexion internet appropriée pour le travail et pour garder contact avec ses proches, des pratiques courantes du secteur commercial s’inviteront peu à peu à domicile. Les portes qui ouvrent sans les mains, les robinets à détection automatique, la technologie sans contact, des solutions moins dispendieuses se présentent dans le but de convenir aux différents budgets. Les commandes vocales, quant à elles, continueront leur montée en popularité.

Les matériaux seront choisis minutieusement pour leur aspect écoresponsable, pour leur production locale ou pour leur caractère antiseptique. Les produits pouvant se vanter de répondre aux trois critères se font encore rares, mais j’ai confiance en l’ingéniosité des entrepreneurs d’ici pour développer le marché.

Les rangements se feront plus grands, particulièrement les garde-manger et les réfrigérateurs, afin d’emmagasiner sur de longues périodes. Dans le même esprit d’autosuffisance, des jardins sous diverses formes fleuriront dans de petits pots, sur le comptoir, sur les toits ou dans les cours.

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Je termine avec l’espace extérieur*. Les prochaines constructions prévoiront des balcons plus spacieux pour parer au manque de terrain dans les villes comme Montréal. De l’autre côté, les propriétaires avec terrain voudront engager des spécialistes pour adapter différentes zones à des activités casanières. Un endroit suffisant et sécuritaire destiné à la réception de colis deviendra assurément un incontournable. Autant pour les promoteurs de tours à condos qui devront réserver une partie du rez-de-chaussée pour accueillir des casiers individuels quatre ou cinq fois plus grands que ceux qui existent présentement.

*Pour en connaître davantage sur l’aspect extérieur d’une résidence en lien avec le coviving, je vous invite à lire la vision de Sarah-Eve Cossette, spécialiste en DESIGN EXTÉRIEUR, en cliquant ici.

Les derniers styles de vie en design intérieur semblent avoir, volontairement ou non, une durée d’environ dix ans. Par la contrainte des événements mondiaux, 2020 nous a entraîné dans une nouvelle ère.

Le coviving est l’art de vivre dans un refuge connecté tout en y aménageant un havre de paix, aussi petit soit-il, pour reprendre son souffle.

Cet article a été écrit en mai 2020 et est toujours d’actualité. Le courant coviving a d’ailleurs récemment été repris dans un article dans Les idées de ma Maison – mars 2022 et a aussi été mentionné à Salut, Bonjour!

Photos Unsplash, Pixabay et Pexels